Primo,
si votre enfant ne veut pas faire ses devoirs, cela ne sert à rien
de se fâcher, de crier, de menacer car bien sûr « on n'est
pas indifférent » à son refus (et parfois il est nécessaire
de lui montrer que ça nous embête pour
lui).
Si
votre enfant n'a pas envie de faire des efforts « c'est
normal »
après une journée d'école (et encore plus si il a un TDAH ou autre
trouble de l'apprentissage!). Ne le punissez donc pas pour « son
manque de volonté » ou « de responsabilité »
comme j'entends en consultation des parents soucieux d'inculquer
l'effort à leur enfant.
Par
contre récompensez le !
L'effort s'apprend par le plaisir, la fierté et la « liberté »
qu'il nous apporte mais pas par la punition.
L'enfant doit en prendre conscience; et cela passe par votre
adaptation à lui. La récompense l'aide à matérialiser ce dont il
n'a pas conscience, qui est le
bénéfice d'apprendre : il gagne et il est fier de lui. Certains
enfants préfèrent jouer quitte à se faire punir.
Pourquoi
l'enfant qui a appris à mettre son manteau tout seul, à compter
jusqu'à cinq et à faire du vélo, était fier de lui et maintenant
rechigne à apprendre ses tables de multiplication, à faire deux
divisions? Cette fierté s'effiloche en fonction des enfants, de
leurs expériences scolaires, comme parentale; autrement dit de vos
attentes et de votre communication. Apprendre, demande non seulement
des efforts qui ne sont pas toujours reconnus: Le « c'est
normal » , « c'est facile » est à proscrire.
Encore plus si on a un trouble de l'apprentissage !
Apprendre
demande aussi du courage car on peut ne pas comprendre, ne pas
réussir « à tout apprendre », se tromper dans les
calculs, etc.... Or l'école ne prône pas le droit à l'erreur, et à
la maison qu'en est-il?
Il
est inestimable de ne
pas être ambitieux dans un délai court!
L'objectif dans les devoirs est de les faire honnêtement « sans
apprendre le dictionnaire par coeur pour le lendemain dans chaque
matière » comme je dis en boutade aux ados. Les devoirs
servent à réviser un cours, à s'essayer à des exercices, à
reprendre une notion avec ses propres mots ou dans un autre
contexte... Réviser, répéter est important « pour imprimer »
mais il faut aussi se reposer et « jouer ».
Même nous adultes, avons besoin de nous amuser dans nos temps de
repos... et si ce n'est pas le cas, nous ne tenons pas longtemps.
Souvent, le parent qui s'occupe de la scolarité (mais aussi du
quotidien), d'enfants ayant un trouble d'apprentissage (TDAH...),
ou/et un TED ( c'est pire!!!!), arrivent en burn
out au cabinet.
Si, le conjoint est hyperactif ou/et a aussi un TDAH avec un problème
d'organisation, cela se complique...
Donc
autant pour votre jeune que pour vous parent, il faut penser à se
« ménager » et penser à soi. Souvent le déséquilibre
est là: le
parent est si responsable qu'il s'oublie et endosse les
responsabilités de son enfant, lequel n'a qu'une envie « oublier
que l'école a été inventée pour travailler » jusqu'à
demain.
Alors oui, c'est
certain, l'école devrait donner le goût de découvrir et
d'apprendre. Pour l'instant, cela dépend beaucoup de l'enseignant et
non de sa formation et de son accompagnement, ni des programmes ou
des structures... Pour l'instant? En attendant, il faut s'adapter...
C'est
là où intervient la fameuse « organisation »
de son temps, laquelle s'apprend. (oui!l'autonomisation
s'apprend!) Et
pour cela, le papier et le crayon (ou la tablette numérique,
l'ordinateur) me semblent des aides précieuses pour préparer un
emploi du temps extra-scolaire avec
l'enfant dont l'intérêt est de jouer à
une condition
mise en balance : Les devoirs doivent être faits. La routine « de
vie du soir » est un bon moyen d'organiser son temps.
Ces
devoirs doivent être faits entre
le retour de l'école et le repas du soir,
en rajoutant le petit repos après l'école, le goûter, la douche ou
le bain, la table à mettre (ou à débarrasser) et parfois une
activité extra scolaire... Les devoirs après le dîner sont
réservés aux lycéens. Pour cela il faut déjà avoir en tête la
durée maximale
à consacrer aux devoirs et la stratégie
à adopter.
Concernant
la durée des devoirs, en général, il ne faut pas consacrer plus de
:
En primaire
|
Au collège
|
Au lycée |
15
minutes au CP, CE1;
20
minutes CE2
30
minutes CM1
30-45 minutes
CM2
|
45min 6è, 5è 1H 4è 1H-1H15 3è |
1H15 à 1H30 en 2nde, 1ère, T |
Un
enfant ayant un trouble de l'apprentissage ne pourra pas toujours
faire autant. La durée de devoirs doit se découper en sessions avec
des temps de repos. Souvent, ces sessions durent quinze minutes en
primaire avec un repos de dix à quinze minutes entre. Au collège,
comme au lycée, cela peut monter à vingt minutes voire trente en
fonction des enfants. L'utilisation d'un Timer
ou d'un chronomètre est utile autant pour la session de travail que
pour le temps de repos. C'est le bruit du Timer
qui dit on s'arrête, on reprend. L'enfant n'a pas « besoin »
du parent pour suivre cette routine. Il s'autonomise... Et pour cela
il gagne un bon point, un jeton à chaque étape.
Les
temps de repos permettent d'empêcher la fatigabilité attentionnelle
et l'impression du jeune de travailler toute la fin d'après midi. De
courtes sessions ont le mérite de prouver au jeune que le travail
n'est pas « énorme » puisqu'il se fait par petits bouts.
C'est une façon de lutter contre la procrastination : on remet à
plus tard car ça semble long mais si c'est long c'est parce qu'on a
remis à plus tard puisque on a cumulé , en plus de s'être encombré
l'esprit à se répéter « je vais m'y mettre »!
Je
fais souvent le parallèle entre débarrasser la table et
procrastiner pour les devoirs : Admettons qu'on ne la débarrasse pas
pendant plusieurs repas jusqu'à ne plus avoir de vaisselle. Que se
passe-t-il?
D'un:
ce n'est pas très agréable de manger à table avec les vieilles
assiettes qui s'entassent, d'autant plus la nourriture se colle
rendant dans un second temps plus difficile la lessive. Et si on est
en été, la table peut être envahie par des fourmis ou autres
petites bêtes !
De
deux: au moment de débarrasser, deux options s'offrent à nous :
Soit
tout débarrasser : Ce qui va prendre du temps (plusieurs machines ou
lavage à la main avec la nourriture collée...).
Soit
mettre tout à la poubelle et on rachète de la vaisselle; mais à la
longue, le porte-monnaie est en faillite....
Ne vaut-il
donc pas mieux débarrasser après chaque repas?
Une
patiente, Alice, âgée de treize ans, va ainsi travailler chaque
soir par tranche de vingt minutes entrecoupées de dix minutes de
repos (20' /10' repos/ 20' /10' repos/ 20') soit une heure de devoirs
et vingt minutes de repos.
Et
si les devoirs sont trop ambitieux, que fait-on?
Vous
voyez avec le jeune ce qui est important de faire et vous en informez
l'enseignant que « la modestie sied à votre enfant pour ne pas
le décourager ou le dégoûter »... Trêve de plaisanterie :
vous informez l'enseignant de la situation où se trouve son élève
et au besoin vous demandez, en accord avec le pédopsychiatre, un
PAI.
Si
l'activité qui lui est « vitale » comme le basket par
exemple, pour un petit gars que je connais, le fait sortir un soir ou
deux trop tard, et qu'il ne peut donc pas faire ce jour là tous ses
devoirs, il est indiqué de communiquer également.
Et
par quoi commencer?
Par
ordre de priorité (encore plus au collège/lycée), et de « goût ».
Dans ce dernier cas, on commence par ce qui nous plaît le moins et
on finit par ce qui nous plaît le plus. Si on a quatre activités
par exemple, rien nous empêche d'alterner activité « plaisante »
et activité « déplaisante ». Cette récompense
implicite est intéressante car elle renforce la prise de conscience
du plaisir qu'il y a à apprendre, en plus de soulager son attention
en luttant contre la fatigabilité (on a moins de problème
d'attention quand ça nous plaît).
| Par ordre prioritaire (selon l'école) | Par ordre de préférences |
| 1 Contrôle demain à réviser 2 exercices de mathématique 3 arts plastiques (pour moi plus important!) 4 dissertation dans une semaine: commencer à noter les idées |
- + - + |
Au cours des
devoirs, il est nécessaire de soulager le jeune en privilégiant
l'oral à l'écrit, le tactile à l'écrit (les tablettes numériques
permettent ainsi de répondre avec un minimum d'effort praxique).
En fonction
des enfants, il faut l'aider à développer sa mémorisation par :
son mode
privilégié (visuel, auditif...),
Le
mid maping,
La
reformulation de ce qu'il apprend,
Différents
supports (documentaires, articles, dessins...),
Les
moyens mnémotechniques,
Les
« mots clés »...
Il
faut accepter que le jeune (et surtout l'enfant) bouge: on lui pose
des questions en lançant un ballon, il répond en le relançant...
Qu'il écoute de la musique pour se concentrer.
Enfin,
soyez indulgent avec vous même si vous n'y arrivez pas... Demandez
des conseils, faites vous aider...
