Le
TDAH ne se diagnostique pas avant six ans même si le profil clinique
de certains enfants, dès deux ans, peut faire évoquer ce diagnostic
(surtout quand ils sont très « moteurs »). Cependant,
la suspicion de TDAH (avant six ans) comme le diagnostic après six
ans, sont indispensables pour permettre aux parents de mieux
comprendre et par la même d'appréhender au mieux les comportements
de leurs enfants.
Le
TDAH n'est pas une maladie. Cela donne souvent des gens sensibles,
imaginatifs, curieux, enthousiastes, pleins d'énergie, créatifs.
Mais cela pose aussi une foule de problèmes notamment sur le plan
éducatif qui peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la
confiance en soi de l'enfant, sur son développement et ses
acquisitions, sur sa relation aux autres et à ses proches. Ces
problèmes se répercutent en plus sur la sphère familiale
(fratrie), sur les parents, parfois même sur leur entente mutuelle.
Le regard de la famille élargie et de différents groupes sociaux
est fréquemment discréditant sur les qualités de parents, poussant
souvent ses derniers à s'isoler. En effet, les comportements que
présente l'enfant TDAH sont très souvent interprétés comme
l'incapacité des parents à élever leur enfant.
Nombreux
sont les parents qui évitent ainsi le square après l'école car ils
ne supportent plus d'entendre des propos tenus comme « Le fils
Untel, encore lui! », « Vous ne savez pas tenir votre
enfant! » , etc...
La
famille élargie peut tenir des propos similaires et refuser le
diagnostic de TDAH.
Les
parents qui ont eu affaire à un de leurs enfant colérique, se
roulant par terre dans la rue ou un magasin, connaissent ce petit
regard réprobateur à leur encontre, jeté par les passants qui
« eux » « ont tout compris ».
A
ce sujet, le témoignage d'un couple de parents d'une famille de six
enfants est instructif. Les aînés ont tous fréquentés la même
école maternelle et primaire, à l'exception de la benjamine,
Mathilde, qui a fait une autre maternelle avant d'intégrer la même
primaire. Depuis toute petite, Mathilde remue, parle fort, n'écoute
pas les consignes. Tout au long des années de maternelle, les
parents ont été convoqués à maintes reprises et ont subi les
remontrances du corps enseignant qui les jugeait trop laxistes avec
la petite dernière. A l'entrée au CP, Mathilde s'est retrouvée
dans la classe d'une maîtresse qui connaissait bien la fratrie et ne
s'est pas arrêtée à cette conclusion de « petite dernière
gâtée », qui était repris en d'autres termes par les psy
consultés par les parents. Le fait est, que oui Mathilde est une
très mignonne petite dernière qui avait su faire craquer un temps
les parents , mais surtout avec elle, aucun des moyens employés pour
les aînés, ne marchaient. Et le fait est que Mathilde a un TDAH
très intense et déjà des blessures narcissiques de la
maternelle...
L'éducation
d'un enfant présentant un TADH n'est pas de tout repos! En effet, le
parents sont confrontés , selon les enfants, à des scenarii
multiples :
- Une énergie débordante, ils semblent « sur pile » comme un lapin d'une ancienne publicité, du matin au soir rendant les parents épuisés...
- Des « monsieur plus » et des « madame plus » qui veulent toujours plus et ne sont jamais satisfaits...
- Des enfants d'une intolérance foudroyante les transformant en Hulk...
- D'autres vont refuser des aliments qui ne leur plaisent pas, ne manger que du sucré...
- D'autres sont lents, voire très lents car ils vagabondent sur un astre inconnu de nous... et oublient les routines...
- D'autres zappent tout le temps...
- D'autres réagissent fortement aux émotions qui les submergent tels un raz de marée ...
Il
est rare que les parents soient préparés à être parent mais quand
ils ont des enfants TDAH, être parent devient un défi de chaque
instant. En effet, il faut rester calme et bienveillant en toute
circonstance. Or, si votre enfant se jette par terre pour la sixième
fois de la journée pour une frustration ou un mal être que vous ne
saisissez même pas, il faut une dose de zenitude inépuisable!
Le
fait de savoir que notre enfant est submergé et « ne le fait
pas exprès » aide le parent à rester bienveillant. Le fait de
comprendre comment il fonctionne permet aussi d'éviter certains
pièges, de préparer l'enfant à des situations déstabilisantes,
l'aider à dépasser ses travers qui l'épuisent et le dévalorisent
à ses propres yeux.
Après
avoir éliminé une cause organique (comme une
activité épileptique qui peut néanmoins s'associer aussi au TDAH),
et avoir recherche des troubles associés, il est donc important,
avant
six ans quand le diagnostic est suspecté, comme après six ans, que
les parents soient informés, voire coachés, sur les difficultés
que peuvent rencontrer les enfants TDAH pour qu'ils puissent pallier,
aider et être vigilants. Ainsi, selon les enfants et l'intensité
des troubles, les parents mettront en place:
- La prévention des transitions.
- L'organisation temporo-spatiale: routines de vie, planning de la semaine.
- Travailler sur les limites, la frustration par des mesures éducatives+++ avec des formulations et renforcement positif, limiter les punitions (en sachant: à quoi sert la punition et comment punir)
- Travailler la valorisation rationnelle cohérente!
- Lui apprendre à gérer son impulsivité, sa colère, sa déception à distinguer (comme vous) le besoin du désir....
- Lui éviter l'hyperstimulation et l'aider à gérer les écrans (téléphones portables, TV, etc....)
- A l'école, être vigilent et communiquer voire, au besoin, mettre en place un PAI, ou PPS.
En
plus des mesures éducatives et de la gestion affective, d'une
adaptation de leur scolarité en fonction des troubles, les enfants
peuvent bénéficier:
- La psychomotricité peut aider l'enfant à canaliser son impulsivité.
- L'orthophonie: comme la psychomotricité si un trouble est associé (dyslexie...) et chez certains enfants, l'impulsivité cognitive est telle qu'ils ont un vocabulaire restreint. Ce qui les empêche de développer des capacité d'analyse propre , indispensables notamment pour gérer ses émotions, et aussi se remettre en question...
- La psychothérapie individuelle avec un travail sur l'anxiété (de performance, sociale etc...), sur la gestion des émotions, développant des capacité d'analyse individuelle.
- La psychothérapie de couple ou/et familiale.
Il
reste que dans certaines situations, il faudra adjoindre le
traitement médicamenteux, lequel ne peut se substituer à toute la
prise en charge énoncée , mais qui est une formidable aide pour
certains enfants et adolescents.
