Voici la fin de cette aventure qui va se poursuivre maintenant par un site :) qui , j'espère, sera plus fourni et détaillé ! J'y travaille en tout cas :)
Pour y accéder: cliquer ici
lundi 22 septembre 2014
vendredi 12 septembre 2014
La psychiatrie n'est pas la psychanalyse ni "la psychiatrie sans diagnostic"
Pour celles et ceux qui me suivent. Cet article est une redite mais il semble qu'en France le message ne passe pas.
Quand
je lis sur le site STOP-DSM qu'un psychiatre psychanalyste défend
notamment la « psychiatrie hors diagnostic » mes bras
m'en tombent !!!
Un
médecin ne se doit-il pas, s'il y a lieu, de faire un diagnostic ?
La
psychiatrie est une spécialité médicale. Le psychiatre a fait six
ans d'études de médecine et s'est spécialisé quatre ans. Il a le
titre de docteur en médecine. Il se doit donc d'aider le patient en
faisant un diagnostic et en proposant des traitement adéquats selon
les préconisations internationales.
La
psychanalyse est une sciences humaines qui explique des pathologies
et des processus développementaux à l'aide de théories analytiques
qui sont invérifiables.
Il
existe des psychanalystes, des psychologues psychanalystes et des
psychiatres psychanalystes.
Pour faire court, ils croient au bienfait
de la psychanalyse sans pour autant pouvoir le démontrer
scientifiquement.
Les démonstrations sont purement théoriques,
et avouons-le incompréhensibles pour les néophytes.
Ce qui
complique l'alliance au patient et son consentement éclairé dans la
thérapie.
Ce
qui est incroyable en 2014 c'est l'obstinations des médias,
notamment papiers, a privilégier la voix des psychiatres-psychanalystes. Ce qui renforce la confusion entre la psychiatrie et la psychanalyse
et n'offre pas une information objective et claire aux
lecteurs.
L'article
publié dans le Monde le 1er sept 2014 témoigne encore une fois de
la méconnaissance actuelle que la psychiatrie de l'enfant ne s'est
pas arrêtée à Lacan.
jeudi 4 septembre 2014
Maman, pensez à vous :)
Trop souvent, les mères "s'oublient" (et je fais partie du lot bien que je "me soigne"!) et leur quotidien prend une place énorme et empiète sur des "petits moments" où l'on pourrait se poser (préservez-les, cultivez-les!). Or un parent détendu est plus conciliant et prévenant. Il peut mieux entendre l'enfant. Il arrive à mieux désamorcer les conflits et à rester calme...
Donc, quand vous vous faites du bien, chères mamans (ou papas, ne soyons pas sectaires), c'est aussi pour le bien de vos enfants!
Du coup, pour cette rentrée, pensez à établir des parenthèses pour vous dans votre journée, à vous inscrire à une activité sportive, à faire de la marche, à reprendre la musique (ou débuter) etc...Vivez!
dimanche 31 août 2014
Préparer la rentrée en maternelle
La rentrée en petite section est un moment important pour les parents et l'enfant. Encore plus quand c'est "notre première fois" en tant que parent!
Mais faites attention, plus vous êtes inquiet, plus votre enfant le sera, pensant (sans en avoir conscience) qu'il n'est pas à la hauteur, que c'est dangereux pour lui... S'il n'a pas de difficultés notées, il faut donc lui faire confiance. Faire confiance dans ses capacités d'adaptation et d'autonomisation. Un peu comme le père tortue dans le dessin animée "Nemo" ! (si vous ne l'avez pas vu je vous encourage à le voir! Ce film parle de la séparation avec beaucoup de tendresse)
Pour préparer à la rentrée, il faut donner des repères.
Ainsi, les livres sont des formidables alliés (pour tout du reste!). Les enfants découvrent l'école notamment grâce à leur personnage préféré (ou qui le deviendra) comme Juliette, Franklin, Cailloux, Tchoupi et d'autres... Parfois ceux-ci désamorcent leur peur (voire Franklin qui ne sait rien faire "croit-il"). Dans les nouveaux titres édités cette année, j'ai noté:
Au besoin, on peut jouer avec l'enfant et des poupées à l'école (comme l'invite à faire "L'école à déplier") : "Ines prend son petit déjeuner, s'habille et va à l'école, la maîtresse les accueille souriante et Ines rentre dans sa classe pour dessiner ou jouer avec la cuisinière. Elle dit au revoir à ses parents qui lui font un bisou. etc.. Jusqu'à l'heure du départ..."
Il est constructif d'emmener votre enfant voir l'école, de fabriquer un calendrier pour materialiser quand il rentre et aussi les journée d'école (rentrée, etc.., sortie).
Penser aussi à associer la rentrée "au plaisir d'apprendre" et de se faire des amis... La rentrée est un peu une fête! Elle signe que l'enfant grandit. Dans certains pays, on fête la rentrée scolaire. Pourquoi ne pas le faire en famille? Préparer des crêpes ou un gâteau pour le goûter en en informant le matin de la rentrée (ou la veille)...
Dans tous les cas je vous souhaite une Belle Rentrée!
A noter:
Parfois, il faut donner encore plus d'informations et de détails à l'enfant qui est perdu+++ ce qui l'angoisse énormément. Il aura encore plus besoin de REPERES Mais dans ce cas, la situation pose question. Ce peut être dû au changement important qu'il connait (par ex. s'il a déménagé en même temps de sa ville, voire du pays) mais parfois cela peut témoigner de difficultés qu'il faudra définir... (cf article: cliquer ici)
Mais faites attention, plus vous êtes inquiet, plus votre enfant le sera, pensant (sans en avoir conscience) qu'il n'est pas à la hauteur, que c'est dangereux pour lui... S'il n'a pas de difficultés notées, il faut donc lui faire confiance. Faire confiance dans ses capacités d'adaptation et d'autonomisation. Un peu comme le père tortue dans le dessin animée "Nemo" ! (si vous ne l'avez pas vu je vous encourage à le voir! Ce film parle de la séparation avec beaucoup de tendresse)
Pour préparer à la rentrée, il faut donner des repères.
Ainsi, les livres sont des formidables alliés (pour tout du reste!). Les enfants découvrent l'école notamment grâce à leur personnage préféré (ou qui le deviendra) comme Juliette, Franklin, Cailloux, Tchoupi et d'autres... Parfois ceux-ci désamorcent leur peur (voire Franklin qui ne sait rien faire "croit-il"). Dans les nouveaux titres édités cette année, j'ai noté:
- "L'école à déplier": qui fait une petite école déplier (pour jouer avec des personnages que l'on peut inventer sur du papier et découper par exemple...) cliquer ici
- "Bienvenue à l'école maternelle": très touffu mais très joli... cliquer ici
- ** "L'école d'Eliott": j'aime beaucoup car il est animé, avec des rabats!!!! cliquer ici
- "Mes années pourquoi: L'école maternelle" encore plus touffu que celui de Bienvenue. Mais quand on veut comprendre comment ça marche! cliquer ici
Au besoin, on peut jouer avec l'enfant et des poupées à l'école (comme l'invite à faire "L'école à déplier") : "Ines prend son petit déjeuner, s'habille et va à l'école, la maîtresse les accueille souriante et Ines rentre dans sa classe pour dessiner ou jouer avec la cuisinière. Elle dit au revoir à ses parents qui lui font un bisou. etc.. Jusqu'à l'heure du départ..."
Il est constructif d'emmener votre enfant voir l'école, de fabriquer un calendrier pour materialiser quand il rentre et aussi les journée d'école (rentrée, etc.., sortie).
Penser aussi à associer la rentrée "au plaisir d'apprendre" et de se faire des amis... La rentrée est un peu une fête! Elle signe que l'enfant grandit. Dans certains pays, on fête la rentrée scolaire. Pourquoi ne pas le faire en famille? Préparer des crêpes ou un gâteau pour le goûter en en informant le matin de la rentrée (ou la veille)...
Dans tous les cas je vous souhaite une Belle Rentrée!
A noter:
Parfois, il faut donner encore plus d'informations et de détails à l'enfant qui est perdu+++ ce qui l'angoisse énormément. Il aura encore plus besoin de REPERES Mais dans ce cas, la situation pose question. Ce peut être dû au changement important qu'il connait (par ex. s'il a déménagé en même temps de sa ville, voire du pays) mais parfois cela peut témoigner de difficultés qu'il faudra définir... (cf article: cliquer ici)
mercredi 20 août 2014
Affiche pour la confiance en soi...
Avant la rentrée et les bonnes résolutions "pratiques" pour soi et nos enfants comme l'optimisation de l'organisation-tout-azimut à la maison, voici une petite affiche pour "soi"que je me suis amusée à réaliser. Elle reprend les grands principes qui contribuent à nous affirmer et qui se résume au fond à "être soi-même" et "aller de l'avant positivement"!
Vous pouvez l'imprimer et la scotcher en évidence. Elle servira à tous les membres de la famille.... Possibles discussions en perspective!
Vous pouvez l'imprimer et la scotcher en évidence. Elle servira à tous les membres de la famille.... Possibles discussions en perspective!
dimanche 20 octobre 2013
Le Trouble du Spectre Autistique et l'humanisme
Il existerait une infinité de combinaisons entre le "Normal" et le pathologique, dans le nombre des caractéristiques exprimées comme dans leur intensité. Nous parlons dorénavant en SPECTRE.
Dans le cas de l'autisme, la terminologie en a été changée. Nous parlons donc du Trouble du Spectre Autistique ou TSA.
Cette vision nouvelle est dynamique. Elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de certains enfants, qui n'ont pas un autisme aussi caricatural que celui connu et médiatisé mais qui posent de réels soucis à leurs parents et aux enseignants. D'autant plus qu'ils sont plus tardivement diagnostiqués voire jamais diagnostiqués...
Le TSA caractérise un fonctionnement particulier de l'enfant/adolescent/adulte qui s'articule sur trois sphères:
- Trouble de la communication: ce qui peut être "subtile" car l'enfant peut savoir très bien parler mais la fonction de "communiquer" est perturbée.
- La permanence de l'objet : besoin plus ou moins d'un quotidien ritualisé.
- Trouble de l'interaction à l'autre: relation à l'autre inadaptée (peu ou pas d'intérêt, trop de familiarité, compréhension sociale décalée)
Au fond, les critères du TSA extraient la "substantifique moelle" de ce que Kanner avait remarqué en son temps. Il avait eu le génie de synthétiser, d'extraires de comportements qui paraissaient différents des traits similaires. A l'époque la psychiatrie de l'enfant n'existait pas vraiment. Il en est un peu le père en rédigeant un premier traité de psychiatrie de l'enfant.
Après plusieurs années de "tatonnements", on revient au fond aux origines... A l'exception que notre observation est exercée et plus fine pour des troubles plus légers. Bientôt et par ce que l'on continue de chercher et de comprendre, une autre vision naîtra. Car nous allons de l'avant.
Comment alors expliquer l'ébullition dans les milieux de la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent en france? Ils refusent tout simplement le changement. Ils ont atteint un équilibre et, comme tout système, ils refusent de changer. Ils justifient aussi leur raison d'être, leur poste sous couvert d'humanisme envers les patients.
Mais comment peut-on encore se targuer d'humanité ? Quand on met en priorité l'arthérapie avant l'éducation pour un enfant ayant une déficience mentale (non évaluée du reste, ni explorée)? Comment peut-on répondre avec aplomb au parent "Ce n'est pas de moi mais de votre enfant dont on parle." Quand ce parent tente de comprendre pourquoi l'arthérapie et non l'école, et qu'il vous demande avec beaucoup de claire voyance "Si c'était votre enfant, après sept ans de suivi, vous ne voudriez pas savoir ce qu'il a ?"
Le soin ne doit pas outrepassr sa place. Nous ne sommes pas des magiciens. Tout enfant a le droit de recevoir une éducation adaptée. La lui refuser sous prétexte de soins revient à rajouter à son handicap.
lundi 9 septembre 2013
La rentrée en maternelle: Vigilance.
Quand on a un enfant qui rentre à l'école, il est important de lier un contact avec l'enseignant assez rapidement pour être informé s'il rencontre des difficultés en classe, au sein de la collectivité. En effet, nombreux sont les parents qui me disent découvrir en fin d'année scolaire que leur enfant avait des problèmes en classe... Or l'entrée en collectivité permet de diagnostiquer des troubles qui seraient passés entre les mailles du filet (PMI, pédiatre, généralise, Halte garderie, crêche etc...Grands parents, lectures...)
Mais quelles sont les difficultés à rechercher?
Déjà si l'enfant ne s'exprime pas bien, il ne faut pas attendre la fin d'année scolaire pour se dire qu'il faut explorer. Non: si cela ne se décante pas dans les deux-trois mois, je vous suggère de voir le pédiatre et de demander un bilan ORL avec audiogramme avant de faire un bilan orthophonique. En effet, trop d'enfants commencent encore l'orthophonie au décours de la grande section. Ce qui est un une perte de temps inestimable!
Par ailleurs, il est important de savoir que, si l'orthophoniste vous dit "Revenez quand il parlera, vous pouvez être certain "que ce professionnel ne sait pas faire avec les petits"... De même si l'enfant n'est pas l'aise, si l'orthophoniste vous fait des réflexions sur son comportement qui gêne la rééducation, c'est que, malheureusement, il ne sait pas prendre en charge un petit. Et c'est plus fréquent qu'on le croit...
A noter si l'enfant ne s'exprime pas au cours de sa seconde année: il faut s' en inquiéter avant sa rentrée de petite section!
Au sein de l'école, il est important de savoir si:
Votre enfant participe au groupe?
S'isole-t-il?
Ecoute-t-il les consignes?
Se braque-t-il quand on lui demande de "faire"?
Va-t-il jusqu'au bout des taches qui lui sont données?
Est-il habile de ses mains (=motricité fine)? dans sa motricité globale?
Est-il gêné par des bruits? Se bouche-t-il les oreilles en classe ou dans la cour?
Comment se comporte-t-il dans la cour?
Est-il isolé?
Ou est-il exclusif?
Ou est-il dirigiste?
A-t-il des gestes bizarres, répétitifs?
Rentre-t-il en contact "normalement" ou non? Se montre-t-il agressif envers les autres?
S'intéresse-t-il à des jeux particuliers (il regarde le sable couler, les roue tourner, il aime faire rouler et jeter les objets pour faire du bruit etc...)
Toutes ces questions permettront de rechercher des troubles de la sensorialité (audition, vision...), comme des signes évoquant une dyspraxie, un trouble du spectre autistique de haut niveau trop souvent non diagnostiqué encore (même par les services qui doivent les dépister : l'expertise n'est pas toujours présente chez les soignants habitués souvent à des troubles caricaturaux quand les signes sont légers) , une hyperactivité suspectée...
Et si tout va bien? Tant mieux! mais alors je vous engage à voir si la relation aux amis est de bonne qualité. En effet, il existe bien trop souvent des relations dominant-dominé au sein de la cour qui méritent d'être prises en compte avec beaucoup de sérieux car ce type de relation influence les interactions futures.
Bien entendu, si votre enfant s'exprime facilement, il est important de l'écouter et de se mettre à sa place sans préjugé aucun, afin de comprendre ses tracas et de l'aider à les résoudre au mieux.
D'autres signes sont à prendre en compte comme les douleurs abdominales, les nausées, sans parler des pleurs et des refus d'aller à l'école qui sont des signaux alertant un mal être à rechercher...
Mais quelles sont les difficultés à rechercher?
Déjà si l'enfant ne s'exprime pas bien, il ne faut pas attendre la fin d'année scolaire pour se dire qu'il faut explorer. Non: si cela ne se décante pas dans les deux-trois mois, je vous suggère de voir le pédiatre et de demander un bilan ORL avec audiogramme avant de faire un bilan orthophonique. En effet, trop d'enfants commencent encore l'orthophonie au décours de la grande section. Ce qui est un une perte de temps inestimable!
Par ailleurs, il est important de savoir que, si l'orthophoniste vous dit "Revenez quand il parlera, vous pouvez être certain "que ce professionnel ne sait pas faire avec les petits"... De même si l'enfant n'est pas l'aise, si l'orthophoniste vous fait des réflexions sur son comportement qui gêne la rééducation, c'est que, malheureusement, il ne sait pas prendre en charge un petit. Et c'est plus fréquent qu'on le croit...
A noter si l'enfant ne s'exprime pas au cours de sa seconde année: il faut s' en inquiéter avant sa rentrée de petite section!
Au sein de l'école, il est important de savoir si:
Votre enfant participe au groupe?
S'isole-t-il?
Ecoute-t-il les consignes?
Se braque-t-il quand on lui demande de "faire"?
Va-t-il jusqu'au bout des taches qui lui sont données?
Est-il habile de ses mains (=motricité fine)? dans sa motricité globale?
Est-il gêné par des bruits? Se bouche-t-il les oreilles en classe ou dans la cour?
Comment se comporte-t-il dans la cour?
Est-il isolé?
Ou est-il exclusif?
Ou est-il dirigiste?
A-t-il des gestes bizarres, répétitifs?
Rentre-t-il en contact "normalement" ou non? Se montre-t-il agressif envers les autres?
S'intéresse-t-il à des jeux particuliers (il regarde le sable couler, les roue tourner, il aime faire rouler et jeter les objets pour faire du bruit etc...)
Toutes ces questions permettront de rechercher des troubles de la sensorialité (audition, vision...), comme des signes évoquant une dyspraxie, un trouble du spectre autistique de haut niveau trop souvent non diagnostiqué encore (même par les services qui doivent les dépister : l'expertise n'est pas toujours présente chez les soignants habitués souvent à des troubles caricaturaux quand les signes sont légers) , une hyperactivité suspectée...
Et si tout va bien? Tant mieux! mais alors je vous engage à voir si la relation aux amis est de bonne qualité. En effet, il existe bien trop souvent des relations dominant-dominé au sein de la cour qui méritent d'être prises en compte avec beaucoup de sérieux car ce type de relation influence les interactions futures.
Bien entendu, si votre enfant s'exprime facilement, il est important de l'écouter et de se mettre à sa place sans préjugé aucun, afin de comprendre ses tracas et de l'aider à les résoudre au mieux.
D'autres signes sont à prendre en compte comme les douleurs abdominales, les nausées, sans parler des pleurs et des refus d'aller à l'école qui sont des signaux alertant un mal être à rechercher...
mercredi 27 février 2013
Le Traitement médicamenteux du TDAH en France : Le méthylphénidate
Le
TDAH n'est pas une pathologie mais un trouble qui, en fonction de son
intensité et des troubles associés ou non, entraîne des
difficultés tant d'apprentissages que dans les sphères familiales,
scolaires, amicales et par la même, perturbe le développement de
l'enfant, son épanouissement personnel "harmonieux".
Bien
que les mesures éducatives et les prises en charge spécifiques
soient primordiales, il reste que dans un certain nombre de cas, le
traitement médicamenteux est une formidable aide.
Il
est important de répéter que le traitement médicamenteux ne peut
se substituer aux prises en charge et mesures évoquées dans
l'article antérieur. Un enfant en-dessous de six ans ne peut avoir
le diagnostic de TDAH et ne peut recevoir de traitement
médicamenteux. Fréquemment, que ce soit de la part des parents mais
aussi des soignants, on attend beaucoup trop du médicament. Au point
où , dans certains cas, les doses sont augmentées trop rapidement,
et le soignant ou/et les parents concluent à l'inefficacité ou à
une mauvaise tolérance thérapeutique... Le médicament n'est pas
une « pilule miracle ». Aux adolescents et aux enfants
qui commencent le traitement, je leur stipule bien que s'ils ne font
aucun efforts, rien ne changera.
Il
reste que le bénéfice du traitement médicamenteux chez les enfants
souffrant de TDAH est un fait établi. La
ritaline est un des rares traitements a être plus efficace que le
placebo par rapport à d'autre traitements médicamenteux chez
l'enfant. Le
traitement n'est pas systématique et doit faire l'objet d'une
réflexion entre le médecin psychiatre et les différents
intervenants, les parents et l'enfant. L'objectif alors est que le
bénéfice soit supérieur au risque, comme lors de toute
prescription médicamenteuse. Car tout médicament comporte des
effets secondaires au même titre qu'un simple comprimé de
paracétamol !
Le
traitement médicamenteux est à discuter longuement et il faut se
poser plusieurs questions :
- Le TDAH a-t-il des conséquences sur le sujet: y a-t-il des souffrances sociales, scolaires, familiales? Comment l'enfant se perçoit-il?
En effet, le trouble attentionnel
avec ou sans hyperactivité est pourvoyeur de troubles anxieux, d'un
manque de confiance en soi, de dépression, de refus scolaire (ou
improprement nommée « phobie scolaire »),
d'exacerbations de troubles anxieux /phobies/ TOCs/ de
perfectionnisme, de trouble oppositionnel avec provocation, de
troubles des conduites et conduites délictueuses, de mises en danger
à l'adolescence avec des conduites à risques ( prise de toxiques,
sexualité débridée, « deal », « parcours »
etc...). Lors d'un trouble anxieux, le traitement peut avoir un effet
bénéfique car le TDAH alimente aussi une certaine insécurité. Le
jeune ne se sent pas « fiable »: Il peut travailler trois
fois plus que les autres et rater; alors qu'une autre fois il
réussira... Aussi, lors d'un trouble anxieux, il est alors
intéressant de commencer le traitement à petites doses pour éviter
une exacerbation de l'anxiété.
- Des mesures ont-elles été mises en place? time out, renforcement positif, plannings, aide aux devoirs, casque anti-bruit.... Car si aucune mesure n'a été mise en place, le TDAH n'est pas au premier plan, le traitement médicamenteux n'est pas justifié...
- Y-a-t-il d'autres troubles des apprentissages associés (dyslexie, dyspraxie...), ou un Trouble du Spectre autistique (TSA)... ? Une déficience des apprentissages? Un retard mental ? Lors de rééducations, lors d'un TSA ou autre, le bénéfice d'une mise sous traitement est fréquemment évident mais dans certaines circonstances non... La dose médicamenteuse lors de TSA est souvent divisée par deux.
Il
est très important de savoir que le traitement médicamenteux n'est
pas sédatif comme de nombreuses personnes, et notamment certains
intervenants du monde de l'enfance, le croient encore. Le fait est
que, par le passé, ce type d'enfants (surtout ceux qui ont des
comportements bruyants) étaient attachés à leur chaise ou
recevaient un neuroleptique sédatif (type Tercian). Ce qui, dans le
cas du Tercian, aggravait la cognition et le trouble attentionnel !
Le
traitement n'engendre pas de dépendance comme ses détracteurs, dont
des psychiatres, le clament haut et fort (sont aussi de la partie).
Il n'encourage pas non plus le jeune à prendre de la drogue. il ne
rend pas les enfants dépendants puisqu'il peut être arrêté du
jour au lendemain. Les conduites à risques sont plus fréquentes
chez les adolescents TDAH. Il est possible que le traitement leur
apprenne à mieux se contrôler et s'éloigner des conduites à
risque. Un adolescent m'a un jour expliqué que sans le traitement il
faisait de suite « la bêtise » alors qu'avec le
traitement, il y pensait et arrivait ainsi à ne pas la faire... Lors
de TDAH, le système du plaisir est exacerbé entraînant une
recherche et la répétition de l'obtention rapide d' un plaisir .
D'où la fréquence probable de conduites addictives, les achats
intempestifs, les enfants « monsieur et madame plus » qui
veulent toujours plus.... Dans ma pratique psychothérapeutique, je
constate que, pour les enfants qui sont perpétuellement dans
l'instantanéité, le traitement permet à certains, d'amorcer une
réflexion sur soi, une remise en question (dont certains sujets
adultes en sont dépourvus) inestimable pour leur évolution et peu
accessible sans le traitement et malgré la psychothérapie !...
Il
est vrai que le traitement préconisé actuellement est un
psychostimulant mais son effet est d'aider l'enfant à focaliser son
attention, à donner un coup de pouce au chef d'orchestre qui, dans
son cas, laisse le cerveau être submergé par divers stimuli, en
commençant par les plus infimes ou les plus superflus....
Ce
traitement a des effets secondaires possibles mais qui ne surviennent
pas systématiquement, comme du reste tout médicament (aspirine,
paracétamol!), ce qui semble être oublié ! C'est bien pour cela
qu'il est important de mesurer le bénéfice et le risque du
traitement avant de décider de l'instaurer. Mais c'est bien aussi
pour cette raison qu'il est juste de ne pas le diaboliser.
Lors
de la mise en route du traitement, les effets secondaires le plus
fréquemment remarqués sont : les céphalés, une anxiété ou
nervosité passagère, un manque d'appétit. La perte de un kg au
cours du premier mois de traitement est classique. Après il est
important de surveiller et d'évaluer ce qui est acceptable ou non en
se basant sur l'IMC (l'indice de masse corporelle) et le rythme de
cette perte de poids. Certains enfants ayant une alimentation
impulsive diminuent, sous traitement, leur consommation quasi
boulimique et voient aussi leur poids baisser. Mais ce n'est pas à
tous les coups ! Il reste que l'on peut aussi adapter la prise du
traitement en ne le donnant pas les jours sans école, mettre en
place des gros petits déjeuners et un bon goûter, en plus du
dîner...
Avant
la mise sous traitement, il est important de s'assurer de l'absence
de contre-indication. Le trouble cardiaque en est la contre
indication absolue. Il est donc préférable que le jeune bénéficie
d'une consultation spécialisée en cardiologie (examen clinique, ECG
et échocardiaque effectués).
Lors
d'une suspicion d'épilepsie, un électro-encéphalogramme (EEG) sera
demandé. En cas de comitialité, le TDAH ne sera traité que dans un
second temps, s'il persiste après la mise sous traitement
anti-comitial et s'il y a lieu.
En
cas de « petite taille », l'indication du traitement sera
aussi discutée avec le pédiatre ou au besoin l'endocrinologue car
le risque de cassure de la courbe de croissance est rapporté. La
taille doit donc être surveillée tout au long du traitement. En
sachant que si la cassure est réelle, l'arrêt du traitement permet
une reprise de la croissance.
De
même, lors d'un IMC limite, une décision collégiale
(nutritionniste, psychiatre, famille, jeune) avec une surveillance
renforcée est indiquée.
Il
reste que donner un traitement à son enfant ou son adolescent n'est
pas chose facile pour n'importe quel parent. Mais quand cette
prescription paraît indispensable, le faire est une conduite
courageuse de leur part. D'autant plus qu'ils sont rarement compris
par leur entourage proche ou moins proche et peuvent déclencher des
réactions passionnées!
Des
parents m'ont répercuté des propos d'un psychothérapeute qui se
serait écrié « Moi vivante jamais !». Un instituteur
avait eu aussi une réaction de la sorte : « il faudra me
passer sur le corps »! Il m'est arrivé de devoir justifier ma
prescription à un juge pour enfant comme à l'éducateur, d'un
adolescent, lesquels contestaient ouvertement le bien fondé de cette
prescription et désapprouvaient ainsi la décision des parents...
Parents comme médecins
prescripteurs sont encore souvent montrés comme des pourvoyeurs de
médicament-drogue, soldats du DSMIV et des industries
pharmaceutiques. C'est probablement lié en partie à la dérive de
prescription de ritaline aux Etats Unis. Mais en France, cette
prescription est très codifiée afin de limiter les abus.
Annuellement, un médecin hospitalier doit ratifier la poursuite du
traitement en faisant une ordonnance hospitalière. Si le médecin
pédopsychiatre (ou pédiatre ou neurologue) ne travaille plus à
l'hôpital (comme c'est mon cas), il perd ce droit et apparemment son
expertise. Quand on sort de l'hôpital, il semble que nos
connaissances sont réduites ... Trêve de polémique!
Concernant
la durée du traitement: dans les études publiées, une moyenne de
trois ans est rapportée.
En
France, en 2013, les traitements sont ainsi : la Ritaline
(méthylphénidate), Ritaline LP (méthylphénidate à libération
prolongée), le Concerta (chlorhydrate
de méthylphénidate),
le Quazym (méthylphénidate). L'intérêt de ces différentes
galéniques est la dose libérée de principe actif au cours de la
journée ou sur un temps donné. Par ordre de commercialisation:
RITALINE
(laboratoire Novartis) : 100% de la dose est libérée sur quatre
heures.
RITALINE
LP (laboratoire Novartis) : associe
une formulation à libération immédiate
(40% de la dose)
et et une formulation à libération prolongée (60% de la dose) dans
les 8h.
CONCERTA
(laboratoire Janssen) : associe
une formulation à libération immédiate 20%
(de la dose) ,
et
une formulation à libération prolongée (80%
de la dose) dans les 8h.
QUASYM
LP (SHIRE) associe une formulation à libération immédiate (30 % de
la dose) et une formulation à libération prolongée (70 % de la
dose).
Il
est conseillé de commencer à petite dose et d'augmenter
progressivement jusqu'à une dose qui soit efficace et sans dépasser
une dose de 1mg/kg. Il faut aussi savoir que le patient peut répondre
à une dose moins importante que 1mg/kg. Les sujets ayant un TSA
répondent à une demi-dose et peuvent mal tolérer une dose de
1mg/kg. Lors de surdosage, le sujet est apathique...
Le
choix de la molécule est fonction de l'âge de l'enfant, de
l'activité demandant beaucoup de concentration dans la journée...
Certains
patients supportent , du reste, mieux une formule qu'une autre...
Libellés :
ADHD,
CONCERTA,
HYPERACTIVITE,
QUAZIM,
RITALINE,
TDAH,
TROUBLE ATTENTIONNEL
mercredi 12 décembre 2012
Prise en charge du TDAH non médicamenteuse
Le
TDAH ne se diagnostique pas avant six ans même si le profil clinique
de certains enfants, dès deux ans, peut faire évoquer ce diagnostic
(surtout quand ils sont très « moteurs »). Cependant,
la suspicion de TDAH (avant six ans) comme le diagnostic après six
ans, sont indispensables pour permettre aux parents de mieux
comprendre et par la même d'appréhender au mieux les comportements
de leurs enfants.
Le
TDAH n'est pas une maladie. Cela donne souvent des gens sensibles,
imaginatifs, curieux, enthousiastes, pleins d'énergie, créatifs.
Mais cela pose aussi une foule de problèmes notamment sur le plan
éducatif qui peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la
confiance en soi de l'enfant, sur son développement et ses
acquisitions, sur sa relation aux autres et à ses proches. Ces
problèmes se répercutent en plus sur la sphère familiale
(fratrie), sur les parents, parfois même sur leur entente mutuelle.
Le regard de la famille élargie et de différents groupes sociaux
est fréquemment discréditant sur les qualités de parents, poussant
souvent ses derniers à s'isoler. En effet, les comportements que
présente l'enfant TDAH sont très souvent interprétés comme
l'incapacité des parents à élever leur enfant.
Nombreux
sont les parents qui évitent ainsi le square après l'école car ils
ne supportent plus d'entendre des propos tenus comme « Le fils
Untel, encore lui! », « Vous ne savez pas tenir votre
enfant! » , etc...
La
famille élargie peut tenir des propos similaires et refuser le
diagnostic de TDAH.
Les
parents qui ont eu affaire à un de leurs enfant colérique, se
roulant par terre dans la rue ou un magasin, connaissent ce petit
regard réprobateur à leur encontre, jeté par les passants qui
« eux » « ont tout compris ».
A
ce sujet, le témoignage d'un couple de parents d'une famille de six
enfants est instructif. Les aînés ont tous fréquentés la même
école maternelle et primaire, à l'exception de la benjamine,
Mathilde, qui a fait une autre maternelle avant d'intégrer la même
primaire. Depuis toute petite, Mathilde remue, parle fort, n'écoute
pas les consignes. Tout au long des années de maternelle, les
parents ont été convoqués à maintes reprises et ont subi les
remontrances du corps enseignant qui les jugeait trop laxistes avec
la petite dernière. A l'entrée au CP, Mathilde s'est retrouvée
dans la classe d'une maîtresse qui connaissait bien la fratrie et ne
s'est pas arrêtée à cette conclusion de « petite dernière
gâtée », qui était repris en d'autres termes par les psy
consultés par les parents. Le fait est, que oui Mathilde est une
très mignonne petite dernière qui avait su faire craquer un temps
les parents , mais surtout avec elle, aucun des moyens employés pour
les aînés, ne marchaient. Et le fait est que Mathilde a un TDAH
très intense et déjà des blessures narcissiques de la
maternelle...
L'éducation
d'un enfant présentant un TADH n'est pas de tout repos! En effet, le
parents sont confrontés , selon les enfants, à des scenarii
multiples :
- Une énergie débordante, ils semblent « sur pile » comme un lapin d'une ancienne publicité, du matin au soir rendant les parents épuisés...
- Des « monsieur plus » et des « madame plus » qui veulent toujours plus et ne sont jamais satisfaits...
- Des enfants d'une intolérance foudroyante les transformant en Hulk...
- D'autres vont refuser des aliments qui ne leur plaisent pas, ne manger que du sucré...
- D'autres sont lents, voire très lents car ils vagabondent sur un astre inconnu de nous... et oublient les routines...
- D'autres zappent tout le temps...
- D'autres réagissent fortement aux émotions qui les submergent tels un raz de marée ...
Il
est rare que les parents soient préparés à être parent mais quand
ils ont des enfants TDAH, être parent devient un défi de chaque
instant. En effet, il faut rester calme et bienveillant en toute
circonstance. Or, si votre enfant se jette par terre pour la sixième
fois de la journée pour une frustration ou un mal être que vous ne
saisissez même pas, il faut une dose de zenitude inépuisable!
Le
fait de savoir que notre enfant est submergé et « ne le fait
pas exprès » aide le parent à rester bienveillant. Le fait de
comprendre comment il fonctionne permet aussi d'éviter certains
pièges, de préparer l'enfant à des situations déstabilisantes,
l'aider à dépasser ses travers qui l'épuisent et le dévalorisent
à ses propres yeux.
Après
avoir éliminé une cause organique (comme une
activité épileptique qui peut néanmoins s'associer aussi au TDAH),
et avoir recherche des troubles associés, il est donc important,
avant
six ans quand le diagnostic est suspecté, comme après six ans, que
les parents soient informés, voire coachés, sur les difficultés
que peuvent rencontrer les enfants TDAH pour qu'ils puissent pallier,
aider et être vigilants. Ainsi, selon les enfants et l'intensité
des troubles, les parents mettront en place:
- La prévention des transitions.
- L'organisation temporo-spatiale: routines de vie, planning de la semaine.
- Travailler sur les limites, la frustration par des mesures éducatives+++ avec des formulations et renforcement positif, limiter les punitions (en sachant: à quoi sert la punition et comment punir)
- Travailler la valorisation rationnelle cohérente!
- Lui apprendre à gérer son impulsivité, sa colère, sa déception à distinguer (comme vous) le besoin du désir....
- Lui éviter l'hyperstimulation et l'aider à gérer les écrans (téléphones portables, TV, etc....)
- A l'école, être vigilent et communiquer voire, au besoin, mettre en place un PAI, ou PPS.
En
plus des mesures éducatives et de la gestion affective, d'une
adaptation de leur scolarité en fonction des troubles, les enfants
peuvent bénéficier:
- La psychomotricité peut aider l'enfant à canaliser son impulsivité.
- L'orthophonie: comme la psychomotricité si un trouble est associé (dyslexie...) et chez certains enfants, l'impulsivité cognitive est telle qu'ils ont un vocabulaire restreint. Ce qui les empêche de développer des capacité d'analyse propre , indispensables notamment pour gérer ses émotions, et aussi se remettre en question...
- La psychothérapie individuelle avec un travail sur l'anxiété (de performance, sociale etc...), sur la gestion des émotions, développant des capacité d'analyse individuelle.
- La psychothérapie de couple ou/et familiale.
Il
reste que dans certaines situations, il faudra adjoindre le
traitement médicamenteux, lequel ne peut se substituer à toute la
prise en charge énoncée , mais qui est une formidable aide pour
certains enfants et adolescents.
mardi 16 octobre 2012
Mon enfant/ adolescent refuse de faire ses devoirs...
Primo,
si votre enfant ne veut pas faire ses devoirs, cela ne sert à rien
de se fâcher, de crier, de menacer car bien sûr « on n'est
pas indifférent » à son refus (et parfois il est nécessaire
de lui montrer que ça nous embête pour
lui).
Si
votre enfant n'a pas envie de faire des efforts « c'est
normal »
après une journée d'école (et encore plus si il a un TDAH ou autre
trouble de l'apprentissage!). Ne le punissez donc pas pour « son
manque de volonté » ou « de responsabilité »
comme j'entends en consultation des parents soucieux d'inculquer
l'effort à leur enfant.
Par
contre récompensez le !
L'effort s'apprend par le plaisir, la fierté et la « liberté »
qu'il nous apporte mais pas par la punition.
L'enfant doit en prendre conscience; et cela passe par votre
adaptation à lui. La récompense l'aide à matérialiser ce dont il
n'a pas conscience, qui est le
bénéfice d'apprendre : il gagne et il est fier de lui. Certains
enfants préfèrent jouer quitte à se faire punir.
Pourquoi
l'enfant qui a appris à mettre son manteau tout seul, à compter
jusqu'à cinq et à faire du vélo, était fier de lui et maintenant
rechigne à apprendre ses tables de multiplication, à faire deux
divisions? Cette fierté s'effiloche en fonction des enfants, de
leurs expériences scolaires, comme parentale; autrement dit de vos
attentes et de votre communication. Apprendre, demande non seulement
des efforts qui ne sont pas toujours reconnus: Le « c'est
normal » , « c'est facile » est à proscrire.
Encore plus si on a un trouble de l'apprentissage !
Apprendre
demande aussi du courage car on peut ne pas comprendre, ne pas
réussir « à tout apprendre », se tromper dans les
calculs, etc.... Or l'école ne prône pas le droit à l'erreur, et à
la maison qu'en est-il?
Il
est inestimable de ne
pas être ambitieux dans un délai court!
L'objectif dans les devoirs est de les faire honnêtement « sans
apprendre le dictionnaire par coeur pour le lendemain dans chaque
matière » comme je dis en boutade aux ados. Les devoirs
servent à réviser un cours, à s'essayer à des exercices, à
reprendre une notion avec ses propres mots ou dans un autre
contexte... Réviser, répéter est important « pour imprimer »
mais il faut aussi se reposer et « jouer ».
Même nous adultes, avons besoin de nous amuser dans nos temps de
repos... et si ce n'est pas le cas, nous ne tenons pas longtemps.
Souvent, le parent qui s'occupe de la scolarité (mais aussi du
quotidien), d'enfants ayant un trouble d'apprentissage (TDAH...),
ou/et un TED ( c'est pire!!!!), arrivent en burn
out au cabinet.
Si, le conjoint est hyperactif ou/et a aussi un TDAH avec un problème
d'organisation, cela se complique...
Donc
autant pour votre jeune que pour vous parent, il faut penser à se
« ménager » et penser à soi. Souvent le déséquilibre
est là: le
parent est si responsable qu'il s'oublie et endosse les
responsabilités de son enfant, lequel n'a qu'une envie « oublier
que l'école a été inventée pour travailler » jusqu'à
demain.
Alors oui, c'est
certain, l'école devrait donner le goût de découvrir et
d'apprendre. Pour l'instant, cela dépend beaucoup de l'enseignant et
non de sa formation et de son accompagnement, ni des programmes ou
des structures... Pour l'instant? En attendant, il faut s'adapter...
C'est
là où intervient la fameuse « organisation »
de son temps, laquelle s'apprend. (oui!l'autonomisation
s'apprend!) Et
pour cela, le papier et le crayon (ou la tablette numérique,
l'ordinateur) me semblent des aides précieuses pour préparer un
emploi du temps extra-scolaire avec
l'enfant dont l'intérêt est de jouer à
une condition
mise en balance : Les devoirs doivent être faits. La routine « de
vie du soir » est un bon moyen d'organiser son temps.
Ces
devoirs doivent être faits entre
le retour de l'école et le repas du soir,
en rajoutant le petit repos après l'école, le goûter, la douche ou
le bain, la table à mettre (ou à débarrasser) et parfois une
activité extra scolaire... Les devoirs après le dîner sont
réservés aux lycéens. Pour cela il faut déjà avoir en tête la
durée maximale
à consacrer aux devoirs et la stratégie
à adopter.
Concernant
la durée des devoirs, en général, il ne faut pas consacrer plus de
:
En primaire
|
Au collège
|
Au lycée |
15
minutes au CP, CE1;
20
minutes CE2
30
minutes CM1
30-45 minutes
CM2
|
45min 6è, 5è 1H 4è 1H-1H15 3è |
1H15 à 1H30 en 2nde, 1ère, T |
Un
enfant ayant un trouble de l'apprentissage ne pourra pas toujours
faire autant. La durée de devoirs doit se découper en sessions avec
des temps de repos. Souvent, ces sessions durent quinze minutes en
primaire avec un repos de dix à quinze minutes entre. Au collège,
comme au lycée, cela peut monter à vingt minutes voire trente en
fonction des enfants. L'utilisation d'un Timer
ou d'un chronomètre est utile autant pour la session de travail que
pour le temps de repos. C'est le bruit du Timer
qui dit on s'arrête, on reprend. L'enfant n'a pas « besoin »
du parent pour suivre cette routine. Il s'autonomise... Et pour cela
il gagne un bon point, un jeton à chaque étape.
Les
temps de repos permettent d'empêcher la fatigabilité attentionnelle
et l'impression du jeune de travailler toute la fin d'après midi. De
courtes sessions ont le mérite de prouver au jeune que le travail
n'est pas « énorme » puisqu'il se fait par petits bouts.
C'est une façon de lutter contre la procrastination : on remet à
plus tard car ça semble long mais si c'est long c'est parce qu'on a
remis à plus tard puisque on a cumulé , en plus de s'être encombré
l'esprit à se répéter « je vais m'y mettre »!
Je
fais souvent le parallèle entre débarrasser la table et
procrastiner pour les devoirs : Admettons qu'on ne la débarrasse pas
pendant plusieurs repas jusqu'à ne plus avoir de vaisselle. Que se
passe-t-il?
D'un:
ce n'est pas très agréable de manger à table avec les vieilles
assiettes qui s'entassent, d'autant plus la nourriture se colle
rendant dans un second temps plus difficile la lessive. Et si on est
en été, la table peut être envahie par des fourmis ou autres
petites bêtes !
De
deux: au moment de débarrasser, deux options s'offrent à nous :
Soit
tout débarrasser : Ce qui va prendre du temps (plusieurs machines ou
lavage à la main avec la nourriture collée...).
Soit
mettre tout à la poubelle et on rachète de la vaisselle; mais à la
longue, le porte-monnaie est en faillite....
Ne vaut-il
donc pas mieux débarrasser après chaque repas?
Une
patiente, Alice, âgée de treize ans, va ainsi travailler chaque
soir par tranche de vingt minutes entrecoupées de dix minutes de
repos (20' /10' repos/ 20' /10' repos/ 20') soit une heure de devoirs
et vingt minutes de repos.
Et
si les devoirs sont trop ambitieux, que fait-on?
Vous
voyez avec le jeune ce qui est important de faire et vous en informez
l'enseignant que « la modestie sied à votre enfant pour ne pas
le décourager ou le dégoûter »... Trêve de plaisanterie :
vous informez l'enseignant de la situation où se trouve son élève
et au besoin vous demandez, en accord avec le pédopsychiatre, un
PAI.
Si
l'activité qui lui est « vitale » comme le basket par
exemple, pour un petit gars que je connais, le fait sortir un soir ou
deux trop tard, et qu'il ne peut donc pas faire ce jour là tous ses
devoirs, il est indiqué de communiquer également.
Et
par quoi commencer?
Par
ordre de priorité (encore plus au collège/lycée), et de « goût ».
Dans ce dernier cas, on commence par ce qui nous plaît le moins et
on finit par ce qui nous plaît le plus. Si on a quatre activités
par exemple, rien nous empêche d'alterner activité « plaisante »
et activité « déplaisante ». Cette récompense
implicite est intéressante car elle renforce la prise de conscience
du plaisir qu'il y a à apprendre, en plus de soulager son attention
en luttant contre la fatigabilité (on a moins de problème
d'attention quand ça nous plaît).
| Par ordre prioritaire (selon l'école) | Par ordre de préférences |
| 1 Contrôle demain à réviser 2 exercices de mathématique 3 arts plastiques (pour moi plus important!) 4 dissertation dans une semaine: commencer à noter les idées |
- + - + |
Au cours des
devoirs, il est nécessaire de soulager le jeune en privilégiant
l'oral à l'écrit, le tactile à l'écrit (les tablettes numériques
permettent ainsi de répondre avec un minimum d'effort praxique).
En fonction
des enfants, il faut l'aider à développer sa mémorisation par :
son mode
privilégié (visuel, auditif...),
Le
mid maping,
La
reformulation de ce qu'il apprend,
Différents
supports (documentaires, articles, dessins...),
Les
moyens mnémotechniques,
Les
« mots clés »...
Il
faut accepter que le jeune (et surtout l'enfant) bouge: on lui pose
des questions en lançant un ballon, il répond en le relançant...
Qu'il écoute de la musique pour se concentrer.
Enfin,
soyez indulgent avec vous même si vous n'y arrivez pas... Demandez
des conseils, faites vous aider...
dimanche 14 octobre 2012
S'OCCUPER DES DEVOIRS SANS S'EN OCCUPER: AUTONOMISER.
Au
delà du fait que je ne suis pas favorable aux devoirs après
l'école, si elle finit à 16H30, en tant que pédopsychiatre, mère
et « vieille » enfant TDAH, il faut bien trouver des
solutions pour améliorer la gestion des devoirs. Car dans un nombre
important de cas, les devoirs sont la bête noire des enfants ayant
un trouble de l'apprentissage comme des parents... Ma réponse est la
suivante et attention c'est un petit casse-tête:
il faut s'occuper
des devoirs sans s'en occuper....
Bon j'essaye de vous décortiquer l'idée...
Il
vaut mieux éviter, autant que faire se peut, de vous occuper des
devoirs. Si des conflits surviennent autour de ce pensum, rien ne
sert de s'obstiner. Vous risquez, sans vous en rendre compte, de
mettre en place une communication
pernicieuse avec
votre enfant/adolescent. D'une part, vous vous occupez surtout de lui
quand son comportement n'est pas adapté, ce qui peut favoriser
la poursuite de celui-ci. D'autre part, vos relations affectueuses
s'entachent de ce « passif » au quotidien entraînant
déjà une anticipation négative de vous deux sur le déroulé des
devoirs qui deviennent synonyme de « cauchemar », puis
sur les autres interactions non scolaires, lesquelles peuvent fondre
comme neige au soleil. Votre relation peut ne plus tourner qu'autour
des devoirs et la sphère familiale peut aussi s'en trouver polluée:
le frère ne peut plus rentrer dans le salon car sa petite soeur doit
faire son travail (il ne se sent plus chez lui), les week-ends sont
pris en otage par « faire faire les devoirs » empêchant
tout programme de loisir familial, de moments de partage. Le couple
parental peut aussi s'en trouver affecté...
Les
devoirs sont la responsabilité de l'enfant
et non la votre. Mais en même temps, il
est normal de veiller à ce que son enfant se mette aux devoirs et de
l'aider s'il en a besoin (oublis
de cours, apprendre à s'organiser, incompréhensions, le faire
répéter, lui apprendre à apprendre etc...).
Le
parent qui « envoie » le jeune faire ses devoirs sans se
préoccuper un minimum qu'ils soient faits et correctement, si
l'enfant a des soucis pour apprendre sa poésie ou autre, pour
comprendre la leçon ou l'exercice, ce parent n'accompagne pas son
enfant dans son autonomisation.
Je
vois ainsi arriver des parents me disant qu'ils ne s'en occupent plus
comme « le
psy »
leur a dit. Mais dans certains cas, le « gamin » n'est
pas encore autonome. « Le
psy »
débarrasse les parents du problème qui persiste.
Si
en plus, « le
psy »
vous dit que deux séances de psychothérapie par semaine aideront
l'enfant, je suis en total désaccord avec celui-ci qui évacue aussi
ce problème trop « terre
à terre »
ou le « dénie » pour employer le jargon. Il oublie ainsi
les règles fondamentales d'apprentissage, d'imitation, de
compagnonnage, d'éducation quoi!
Or
l'éducation est mise à mal en cas de troubles, notamment
d'apprentissages. Il reste que le problème ne se résout pas quand
on le range dans un placard. Et peut être ne le sera-t-il jamais,
comme j'entends certains psy me rétorquer, mais ne doit-on pas
essayer? C'est que ça peut marcher voyez-vous
partiellement ou totalement. Car autonomiser
ce n'est pas « tiens, vas-y ».
On ne met pas une fourchette dans la main d'un nourrisson et on ne
lui dit pas « tiens, mange maintenant ». Il faut qu'il
ait acquis des dents, une coordination visio-praxique adaptée ou
doit-on lui proposer une psychanalyse ?
L'autonomie
scolaire est du même acabit : elle dépend de l'autonomie de
l'enfant qui ne consiste pas non plus à « faire pour lui ».
De même, il faut également faire attention à ne pas oublier
l'enfant « trop autonome » (comme le frère ou la soeur
qui n'a pas de difficulté), car il en souffre aussi et peut avoir le
sentiment de ne pas avoir le droit d'avoir de l'aide, car il n'a pas
le droit à l'erreur, ni de se plaindre, les parents ayant déjà
assez de soucis avec l'autre enfant ...
Donc,
si je résume, il faut aider son enfant à apprendre à se
responsabiliser et à s'autonomiser, à s'organiser. Quand c'est
possible, il faut se faire aider:
-
Par des pédagogues qui sont des spécialistes et non des vampires
commerciaux, des « vrais gens » qui aiment enseigner et
se remettent en question.
-Par
les intervenants « psy » et paramédicaux qui prodiguent
des conseils judicieux : ergothérapeute, psychomotricien,
orthophonistes, par les psychiatres et psychologues qui se penchent
sur cette question;
-Par
un thérapeute familiale, au besoin, qui peuvent désamorcer une
situation « bouchée » et accompagner les parents dans la
gestion des devoirs et du quotidien.
-Par
des parents, des amis, qui peuvent aussi soulager, s'ils connaissent
et s'intéressent à la pédagogie.
Alors,
comment fait-on devant avec un enfant qui refuse de faire ses
devoirs? eh!eh! vous le saurez lundi....
mardi 4 septembre 2012
MON ENFANT A DES PROBLEMES A L'ECOLE?
Cette semaine les enfants et les adolescents font leur rentrée. Entre excitation et peur, une nouvelle année scolaire débute. Mais une chose est importante : Faire confiance à ses enfants... et jouer avec eux!
Savoir les écouter quand ils nous raconte et faire préciser au besoin s'ils nous font part de leur difficultés: en classe, à la récréation, pour les devoirs. Avant de conclure hâtivement sur des difficultés rencontrées ou de croire dans leur "paresse", ayez en tête que les enfants veulent bien faire et aiment l'école. Quand ce n'est plus le cas c'est par ce que les difficultés rencontrées n'ont pas trouvées de solutions...Car elles n'ont pas été analysées correctement.
Les difficultés peuvent cumuler:
1) Difficultés d'apprentissage et troubles sensoriels (audition, vision...)
3) Difficulté de comprendre ce qu'on attend de lui (pour les petits) par difficulté d'adaptation sociale.
4) Relation enseignant/élève de mauvaises qualités voire pathogène avec exigence excessive, discrédits inadaptés etc... Mais aussi Méthodologie inadaptée à l'enfant (la méthode globale est encore utilisée seule par certains enseignants...)
4) Attente excessive de la part du ou des parents avec promesses ou punitions inadaptées pour obtention de résultats...
6) Anxiété par trouble d'adaptation, par anxiété anticipatoire, anxiété de séparation (du petit)...
7) Manque de confiance en soi dans ses production ou/et dans sa relation aux autres enfants...
8) Perfectionnisme de l'enfant excessif et paralysant!
9) Problème relationnel avec les autres enfants: manque de confiance en soi, centre d'intérêt différent, incompréhension sociale...
Si vous vous retrouvez dans les semaines suivantes face à de telles difficultés ou d'autres, un bilan avec l'enseignant est indispensable dans un premier temps. Mais seulement après avoir écouter et faits préciser les soucis de votre enfants.
Si l'enseignant propose un bilan médical spécialisé ou paramédical orthophonique, psychologique etc... Je vous propose de voir avant tout bilan, votre médecin de famille et au besoin un pédopsychiatre. Nombreux sont les enfants que je vois arriver après quelques années d'orthophonie, de psychothérapie...et en plus il n'y a pas eu de bilan en tant que tel de fait, parfois...Et aucun diagnostic n'a été porté.. Or entreprendre une psychothérapie pour un enfant, ou commencer une rééducation en orthophonie/en psychomotricité exige une analyse plus complète de ses problèmes pour lui donner toutes les chances aux quelles ils pourrait prétendre. L'évaluation diagnostic permet de savoir quels sont les objectifs attendus et les outils à mettre en place...De même le pédopsychiatre doit se prononcer à un certains moment de son évaluation (dont le nombre de consultation varie selon la pertinence du ou des troubles) et donner des ou un diagnostic .
Libellés :
ADHD,
ANXIETE,
DEVOIRS,
ECOLE,
HARCELEMENT SCOLAIRE,
PEDOPSYCHIATRIE,
TDAH,
TROUBLE ATTENTIONNEL
mardi 22 mai 2012
EDUCATION: LA PUNITION, QUAND ET COMMENT ?
Les
punitions, comme les règles que nous posons, sont censées être
déterminées par l'âge
de l'enfant, son degré d'autonomie et de responsabilité. Elles se
doivent d'être justes
et d'être clairement
définies. Or, ce n'est pas toujours le cas. En effet, il faut avoir
conscience qu'elles sont aussi influencées par notre
histoire
personnelle (notre vécu concernant l'autorité exercée par nos
parents), nos
valeurs
ainsi que nos
peurs
et le degré de tolérance/fatigue/découragement/ « coups
durs » que nous vivons.
Voyons
quelques cas analysés succintement de sanctions/réactions « non
efficientes » :
Un
parent s'amuse avec ses deux enfants, respectivement âgés de trois
et quatre ans , lesquels sautent sur le canapé pendant une demi
heure. Soudain, le parent s'énerve et leur crie « d'arrêter
! » mais les enfants rient et poursuivent leurs jeux. Le
parent, agacé et fatigué, se précipite sur eux et les tire avec
une certaine brusquerie puis les prive du bisou et de l'histoire du
soir.
Les
deux petites filles éclatent en sanglots.
Dans
ce cas, Les règles sont floues (qu'ont ils droit de faire? Dix
minutes de canapé? Pas de canapé?...). Elles
varient en fonction de la tolérance du parent (ou de « son bon
vouloir ») lequel s'est fatigué au bout d'une demi heure mais
qu'en est il un autre jour? Sa tolérance sera plus ou moins
endurante. Comment les enfants peuvent le savoir? Le parent ne prend
pas en considération l'excitation générée par le jeu, et le fait
qu'il faut une durée psychiologique pour que l'excitation retombe.
On ne peut pas juste s'arrêter de rire ou de s'enervé par « un
claquement de doigt ». La définition d'un comportement
« acceptabl » (« bon ») et d'un
« mauvais/inacceptable comportement » est ici ardue pour
l'enfant de trois quatre ans! En effet, le parent s'amuse du (bon?)
comportement de sauter sur le canapé. Et soudain
le bon comportement devient mauvais sans que les enfants n'aient le
temps de comprendre, sans avoir eu d'information en ce sens (au
contraire le parent s'amusait!). Ils se retrouvent tirés
physiquement et privés d'un moment important de la fin de journée
(le rituel du soir)... Aucun message n'est clairement donné. Le
parent perd patience brusquement car lui-même a dépassé son seuil
de tolérance. Sa demande est alors faite dans l'impulsion. Il ne
prend pas le temps de parler clairement à l'enfant. Ce qui ne permet
pas d'obéir ni d'apprendre le bon comportement à avoir. Ce
comportement erratique alimente le sentiment de l'enfant d'un
climat d'insécurité. Dans ce cas précis il faudrait établir ce
que les enfants ont droit de faire: s'ils ont droit de sauter dix
minutes et bien informons- les et mettons un timer
sur dix minutes. Si cela vous paraît coercitif alors vous confondez
limites et autoritarisme. Cela étant, sauter sur le canapé c'est
rigolo mais pour le parent assis et le susdit canapé peut-être
pas... Alors quelle est la limite à mettre en place, « la
règle »? Doit on vraiment laisser le canapé comme terrain de
jeux?
Dans
le même registre la fessée que je nommerai « sanction
réactive » est un acte impulsif qui traduit un « trop
plein » du parent. Sa tolérance est dépassée et il réagit
sous le coup de la colère en sanctionnant physiquement, plus ou
moins brutalement. Le parent montre à l'enfant qu'il résout un
problème par la colère, le passage à l'acte sous le coup de la
colère. Or l'enfant apprend en premier de ses parents. Si vous le
frappez (même légèrement), pourquoi ne peut il pas le faire en
cours de récré? Et pourquoi lui dites vous le contraire?
A-t-on
le droit de frapper un individu qui nous agace? A-t-on le droit car
c'est un ou/et notre enfant? C'est un acte humiliant et l'humiliation
n'est pas éducative. Nous demandons à notre enfant de nous
respecter et de respecter les autres, nous devons donc être un
exemple pour eux et nous devons les respecter tout en les éduquant.
Des
parents inquiétés par leur histoire personnelle ou encore
l'enseignant (à Paris cela arrive parfois dès la maternelle...) se
plaignent que leur enfant Robin ne soit pas motivé pour faire ses
devoirs de CE1. Il rechigne « car il pense trop à jouer ».
Pour
le motiver, Ils décident de lui supprimer le court dessin animé
qu'il aime regarder au retour de l'école. Un
des parents s'exclame que Robin n'est pas courageux.
Dans
ce cas présent, la sanction est injuste car elle n'est pas
raisonnable. Nous ne pouvons pas tenir rigueur à un enfant de
vouloir s'amuser! Bien sûr, il doit faire ses devoirs (ça se
discute après autant d'heures passées en classe...). Du moins « il
le faut », comment l'aider à se motiver? Par la sanction? Et
par le dénigrement de ce qu'il serait (couard) ? Ceux sont deux
outils fort prisés en milieu familial et scolaire mais qui ont leur
limites...Ainsi que des conséquences pernicieuses telles que la
démotivation et le manque de confiance en soi ! Mieux vaut
motiver par l'économie des jetons ou les bons points! Et puis aussi
réfléchir: n'a-t-il pas trop de devoirs? N'a-t-il pas des problèmes
à se concentrer, à écrire, à calculer...? Les enfants sont très
volontaires mais ils se démotivent...
Une
petite fille (moi) bavarde ou dessine sur son cahier de leçon. La
maîtresse la sanctionne en lui demandant de copier cent fois « En
classe, je ne dois pas bavarder ni dessiner ». A
d'autres moment, mais en guise d'apprentissage et non de sanction
(mais c'était vécu comme une sanction vue qu'on me donnait des
lignes à faire en punition!) : je devais écrire et réécrire
des mots que j'avais mal orthographiés un grand nombre de fois...
Damned...
Dans
ce cas précis, j'ai arrêté transitoirement les « mauvais »
comportements mais du coup, je n'écoutai plus le cours (les
gribouillages m'aidaient en fait)! Concernant les fautes
d'orthographes, elles ne m'ont malheureusement jamais abandonnées
!!!! Mon problème de concentration n'allait pas se régler par des
lignes et des lignes copiées ! Il vaut mieux se demander comment
aider en classe l'enfant ADHD? (suite
au prochain numéro).
Enfin, copier des lignes n'est pas efficace mais rébarbatif, c'est
le but recherché (et pas d'inciter). Mais on oublie que certains
enfants (dyslexie, dyspraxie, ADHD...) n'aiment pas écrire car ils
éprouvent de la difficulté. Les lignes contribuent alors à le
dégoûter. D'après moi (mais
certains dirons que je suis juge et partie !),
les lignes de copie méritent donc d'être oubliées pour toujours!
En classe comme à la maison.
Roseanna
reçoit
deux heures de « colle » pour avoir répondu sèchement à
son professeur. Pour montrer leur solidarité avec le collège, les
parents la punissent : elle n'ira pas au ciné comme prévu le week
end suivant.
La
double sanction est INJUSTE. Roseanna ne peut pas se sentir respectée
par ses parents. Elle a été punie par l'école pourquoi
devrait-elle l'être doublement? Ce qui peut la pousser à poursuivre
par provocation...ou à se replier sur elle-même ou à fuir la
maison (en passant du temps dehors..).
Si
un enfant ou un adolescent est puni à l'école, je vous suggère de
chercher à comprendre ce qu'il s'est passé plutôt qu'à le punir
une seconde fois. Du reste, vous apprendrez peut être des choses
fort instructives sur son fonctionnement ("je ne peux pas m'en
empêcher" « c'est plus fort que moi » etc ...) ou
sur celui de l'enseignant ou de l'établissement où il passe huit
heures par jour. Attention, je ne suis pas en train de dire qu'il y a
systématiquement un problème psychologique à une insolence!
Alors
quand punir et comment ?
Il
est indispensable de penser à punir avec parcimonie ! Il vaut mieux inciter,
valoriser et motiver le bon comportement. La
punition doit responsabiliser et donner à réparer.
En
général, il est plus juste d'informer de la punition qu'encourt
l'enfant ou l'adolescent avant de punir. Une punition doit être
raisonnable
et
pour cela être limitée dans le temps (un jour, une semaine,
deux...), réalisable
(pourrez-vous
« tenir » si vous privez de week-end festif alors que les
billets sont reservés ?) et « proportionnelle »
à la faute.
Voici
quelques situations fréquentes où il y a « conflit » et
sanction :
La
console de jeu :
Maxime,
onze ans, joue trente minutes tous les samedis et dimanches à la
console. Il refuse ou tarde à arrêter son jeu vidéo. Parfois il se
bat avec son frère.
Dans
ce cas, Il vaut mieux en amont cadrer la règle des trente minutes
par la mise en place d'un chronomètre ou timer.
Lorsque celui-ci sonne, le jeune sait qu'il doit arrêter de jouer
sans se disputer. Cette opération doit se faire rapidement. Si elle
dure ou/et il se dispute, il sait que le prochain jour de console, il
n'aura pas le droit d'y jouer car il doit apprendre à être
responsable du temps qui lui est imparti: pour cela il doit pouvoir
gérer son temps avec le timer
(et non les parents). La fois d'après, il réessaiera. Si cette
fois, il éteint et ne se dispute pas alors les séances reprendront
comme d'habitude.
La
sortie avec retour tardif :
Systématiquement
Marianne rentre avec une heure ou deux de retard.
Elle
appelle ou envoie un texto selon ...
Un
retard ça se comprend mais quand il est systématique (toujours avec
des bonnes raisons), on conclut à une grande capacité d'imagination
mais aussi à un besoin d'apprendre à gérer son temps. La règle
appliquée à la console peut être utilisée dans ce cas avec
l'idée, encore une fois, de la responsabiliser.
La
dégradation:
Garance,
quatorze ans, claque la porte de sa chambre à chaque fois qu' il est
frustré, déçu ou encore contrarié. « Il est vénere ».
Le problème est
que la dernière fois
il a cassé la porte...
Une
dégradation dans un lieu public est grave. On ne peut pas excuser et
banaliser en mettant sur le compte d'un problème transitoire. D'une
part, Il est indiqué de consulter un spécialiste afin de comprendre
l'impulsivité et l'intolérance à la frustration excessives que
Guarance présente (problème strictement éducatif ou associé à
ADHD, autres?...). Cet avis permettra de trouver les meilleurs outils
pour l'aider à développer une gestion adéquate de la frustration.
D'autre part, Guarance doit réparer même s'il n'a pas fait exprès.
Dans ce cas, les travaux que je nomme « d'intérêts
familiaux » sont pertinents. Ils vont permettre de dédommager
financièrement la réparation de la porte dont il faut estimer le
coût financier (et cela même s'il la bricole: la partie dégradée
aura un coût moindre). Puis il faut évaluer « le coût »
d'un travail d'intérêt familial et donc du nombre que Garance va
effectuer pour se dédouaner.
Le
vol:
Alaïs
est fou d'un jeu en ligne. Il y joue beaucoup et gagne pas mal de
vies et d'objets en tout genre. Ce qui le rend fier. Malheureusement,
ses parents refusent qu'il s'achète des objets (virtuels) avec son
argent (véritable « en vrai »). Mais voilà, il a
craqué, et à deux reprises, il a utilisé la carte bancaire de son
père...
Comme
pour Garance, Alaïs doit dédommager par des travaux d'intérêts
familiaux. Il est important que cela se fasse par une ou plusieures
tâches et non par « un virement bancaire» comme je l'ai
déjà vu ou juste une privation d'argent de poche... Les tâches
permettent au jeune d'appréhender un peu plus les conséquences de
son geste.
Quand
on décide d'une punition il est nécessaire d'expliquer notre
motivation pour responsabiliser
et donner à réparer.
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